Le Menuet de la dernière suite du premier "Livre de Guitarre" de Robert de Visée

Publié le 3 Janvier 2010

Robert de Visée propose un "accord nouveau" pour cette suite qui comprend un Prélude, une Allemande, une Courante, une Sarabande, une Gigue, une deuxième Sarabande, une Chaconne, une Gavotte, un Menuet et une Bourrée.

unissons
accordage-suite-n°-8-Robert-de-Visée

Comme cette méthode d'accordage de la guitare baroque part du chœur central, on pourrait penser que l'accord proposé est  /si2-si2//ré3-ré2//sol2-sol2//ré3-ré3//sol3-sol3/ au lieu de /la2-la2//ré3-ré2//sol2-sol2//si2-si2//mi3-mi3/. Robert de Visée ne fait aucune mention d'un mode particulier pour cette suite à la guitare.

Si pour un accordage standard /la2-la2//ré3-ré2//sol2-sol2//si2-si2//mi3-mi3/ la tension totale est de 32 Kg pour l'accordage /si2-si2//ré3-ré2//sol2-sol2//ré3-ré3//sol3-sol3/ elle atteindrait 43 Kg.

Par ailleurs, dans son livre de guitare, Robert de Visée transpose certaines pièces de cette suite en "Ré majeur",  la chanterelle à vide est alors transposée comme un ré4. (Le Prélude, la Chaconne, le Menuet et la Bourrée ne sont pas transposés, a noter que Robert de Visée utilise une clef de sol en première ligne d'un usage fréquent au XVII ème siecle dans la musique pour violon).

Si l'on regarde d'autres transpositions de son "Livre de Guitarre", par exemple celle faite sur l'Allemande de la première suite, la chanterelle à vide est aussi transposée comme un ré4 (cette première suite est transposée en "Fa mineur") .

On peut raisonnablement penser que pour la dernière suite la guitare doit être accordée avec un mi3 sur la chanterelle soit l'accordage suivant:

/sol#2-sol#2//si2-si1//mi2-mil2//si2-si2//mi3-mi3/

Ce qui est intéressant dans menuet, c'est l'accord de 7ème majeur mi/sol#/si/ré# très dissonant qui se résous en accord parfait mi majeur et qui revient comme une signature dans cette suite.

accord-suite-n°-8-Robert-de-Visée

Les deux premières mesures du menuet
de la dernière suite du premier "Livre de Guitarre" 

La répétition de cette suite d'accord sur les premiers temps de la première et de la cinquième  mesure du menuet fait penser au timbre d''une horloge frappé par un battant qui rebondi, de plus l'alternance de l'accord parfait majeur sur les autres mesures ajoute encore au réalisme du timbre inégal. On pourrait accentuer cette idée d'horloge en utilisant une grande régularité des temps dans la deuxième partie du menuet pour figurer le battement du pendule; mais doit on le faire? Le mouvement des horloges de cette époque était sans doute assez irrégulier,  confortant l'inégalité pratiquée dans la musique.
 

Rédigé par César-Cesanjjaque

Publié dans #Musique

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